25.06.2015

L'hommage de Khadda au premier éditeur d'Albert Camus

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L'association Montolieu Village du Livre et des Arts graphiques invitait le samedi 6 juin à deux rencontres en relation avec l'exposition présentée actuellement au musée des arts et métiers du Livre, autour de l'éditeur Edmond Charlot et du peintre-graveur Mohammed Khadda.

Nadget Khadda, veuve de l'artiste, brossait d'abord un tableau de l'édition et de la peinture en Algérie, du groupe qui s'était formé autour d'Edmond Charlot, de son rôle de galeriste, du contexte politique où une frange des Français alors présents en Algérie croyaient encore à une possible égalité entre autochtones et colonisateurs, avant que les événements se précipitent et que les oppositions se radicalisent tragiquement.

Le public a pu apprécier la compétence, la modestie et la précision de l'analyse de ce professeur à l'université d'Alger, maître de conférences à l'université Paul Valéry de Montpellier pour qui le dialogue littéraire entre les deux rives de la Méditerranée est une réalité vivante.

À la conférence de Nadget Khadda faisait suite en fin d'après-midi l'interprétation par le comédien Jean-Paul Shintu de l'autobiographie d'Albert Camus publiée bien longtemps la mort de l'auteur : interprétation brillante, performance d'acteur pour rendre l'amour de Camus à l'endroit de la terre algérienne, pour sa mère sourde et pauvre, dire le rapport avec un père mort dans les premiers mois de la guerre de 1914-1918 et totalement inconnu de l'enfant.

Ce livre d'Albert Camus est en marge du reste de ses publications, il est d'une bouleversante spontanéité, autour des thèmes récurrents que sont la pauvreté, le soleil, la mer, l'instruction qu'il dut à son instituteur, M. Germain qui fut à l'origine de toute sa carrière.

C'est un public ému et conquis qui est sorti de cette lecture-spectacle dont il serait sans doute inexact de dire qu'elle permet de mieux comprendre Camus, l'homme et l'écrivain mais qui à coup sûr le rend plus intimement proche.

L'exposition qui reste en place au Musée tout l'été est le reflet de cet univers et en illustre toute la dimension à la fois lumineuse et pathétique.

 

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